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IRRÉDUCTIBLE BITERROIS 22

LA GRANDE HISTOIRE DE L'AS BÉZIERS FOOTBALL

Plongez dans l’histoire du football biterrois, des débuts en 1903 jusqu’à aujourd’hui. Retrouvez les grandes heures du club, ses exploits, ses saisons en Division 1, mais aussi les périodes plus difficiles marquées par des descentes et des reconstructions.

Revivez plus d’un siècle de passion, de défis et d’évolution du ballon rond à Béziers.

QUAND LE BALLON ROND PREND RACINE À BÉZIERS

L’histoire du football à Béziers s’enracine dans les pratiques sportives locales de la fin du XIXᵉ siècle. Avant même l’arrivée des sports britanniques, les Biterrois s’adonnaient à la barrette, ce jeu traditionnel languedocien apparenté à la soule médiévale. Sur les places de la ville et dans les rues, on pouvait voir des équipes s’affronter dans cette pratique sans règles strictes, où l’objectif était de porter une balle de cuir dans une zone définie.

Le véritable tournant survient sous l’impulsion de jeunes lycéens passionnés. En 1903, le Football-Club Biterrois voit le jour, marquant les premiers pas du ballon rond dans la cité.

Quelques années plus tard, en 1911, une équipe fait des débuts très timides en participant à des rencontres amicales qui ont lieu sur le terrain du Bosquet, route de Valras. En pays de l’Ovalie, la tâche est difficile et, avant chaque match, dirigeants et joueurs doivent tracer le terrain et placer les bois pour jouer devant les premiers « mordus du ballon », encore peu nombreux. En 1912, le Football Biterrois dispute alors le championnat de 4ᵉ division de district, accède immédiatement à la 3ᵉ division et prend une expansion notable grâce au concours des militaires en garnison à Béziers, déjà passés par les clubs régionaux de Sète, Montpellier et Nîmes. Le club biterrois prend alors la dénomination de Stade Béziers Sport, jusqu’à la guerre de 1914.

LE STADE OLYMPIQUE BÉZIERS

L’histoire se complexifie après la Première Guerre mondiale. En 1918, le Stade Olympien Biterrois (SOB) est fondé, prenant la suite du Stade Béziers Sport de 1911. Le club dispute alors le championnat amateur, dans la poule regroupant le FC Sète, l’Olympique Alésien, Montpellier et Nîmes, qui comptent chacun deux formations engagées. Les rencontres ont toujours lieu au stade du Bosquet, où le public reste clairsemé. Mais il en faut beaucoup plus pour décourager les pionniers du ballon rond, qui luttent contre vents et marées pour implanter ce sport déjà si populaire dans toute la France.

En 1920, le S.O.B. dispute la demi-finale de la Coupe du Midi contre un club de la région de Bordeaux. Malgré une défaite imméritée par 3 buts à 1, le football conquiert néanmoins le droit de vivre à Béziers. 

Pour le football biterrois, le véritable départ est la saison 1932-1933. En effet, sous l’impulsion de M. Bonnefous, assisté de plusieurs pionniers (MM. Chante, Rosado, Siau et d’autres), naît une formation semi-professionnelle après la fusion avec l’Association Sportive Biterroise. Sous cette appellation, elle dispute pour la première fois le championnat au sein du football national.

Mais l’entente ne dure pas et le club biterrois, redevenu le S.O.B., doit se lancer en 1933-1934 dans le championnat professionnel sans pouvoir disposer du terrain de Sauclières. L’équipe, commandée par Jules Dewasquez, comprend de très bons éléments de valeur nationale avec les Jourdan, Cabannes, Leitner, Horvart, etc. Elle obtient certes de très bons résultats, notamment avec un beau parcours en coupe de France éliminé par le grand FC Sète. Mais la situation financière ne permet pas au club de survivre et le S.O.B. doit renoncer au championnat national et au professionnalisme.

CRÉATION DE LA SECTION FOOTBALL DANS LE CLUB OMNISPORTS DE BÉZIERS

Cependant, les pionniers du football ne se découragent pas. Ils parviennent même à regrouper les éléments des diverses équipes grâce à la fusion de plusieurs clubs : Red Star-Pania, Déportivo, Étoile Sportive de Roujan et le Stade Olympique Béziers, qui prend le nom d’Entente Sportive Biterroise en 1935-1936

Le club poursuit alors chez les amateurs une carrière modeste jusqu’à la saison 1939-1940, où, placé sous la présidence de M. Charles Trapet et entouré d’une équipe de dévoués dirigeants (Gérin, Chante, Rosado, Portes, André), entièrement attachés à la cause du football, l’Entente Sportive Biterroise sollicite à nouveau la fusion avec l’A.S. Biterroise. Grâce à la compréhension et à l’esprit sportif de MM. Jean Guy et Jules Cadenat, une section football est alors créée en 1940-1941 au sein du club omnisport A.S. Biterroise, à laquelle est accordée l’utilisation des installations du Parc des Sports de Sauclières.

Puis vinrent les années sombres de l’Occupation (1940-1945) où le football, comme toutes choses, dut se replier sur lui-même. Il manquait en effet les hommes, le public, les subsides, et les difficultés de transport ne facilitait pas les choses. Mais c’est peut-être à cette heure où les loisirs étaient rares que le football biterrois connaît une éclosion de jeunes joueurs talentueux comme on en retrouve rarement dans un club.

LE RETOUR DU PROFESSIONNALISME À BÉZIERS

En 1945, l’A.S.B. est admise à disputer le Challenge de la Libération aux côtés des grands clubs du Midi : Sète, Bordeaux, Toulouse, Nîmes et Montpellier. Elle fait figure d’honorable challengeur et remporte même une très belle victoire face au Toulouse F.C.

En 1946-1947, l’équipe est renforcée par des éléments venant de toute la France et compte dans ses rangs les Fabregat, Ibarn, Janos, Debeugny, Menjou, Escudié, Ben Mehari, Coti, Cervellon, Urbansky, Girardy, etc.

Son comportement lui permet alors d’obtenir son admission au sein de l’Association des Clubs Autorisés et le professionnalisme est à nouveau instauré à Béziers, placé successivement sous la présidence de MM. Feracci et Robin.

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L'AS Béziers en 1945-46
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L'AS Béziers en 1946-47

Durant deux saisons, l’A.S.B. connaît en deuxième division des heures modestes et des moments difficiles. L’équipe comprend alors : Anchisi, Méline, Fabregat, Hachelou, Escudier, Veneziano, Hagenlocher, Lahoue, Tobia, Duprax, Rodrigues, Thomas, et est entraînée par Labat.

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L'AS Béziers en 1947-48
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L'ÈRE DU PRÉSIDENT THÉO BRETAUD

En 1948, l’A.S. Béziers est placée sous la présidence de M. Th. Bretaud. Son dynamisme et sa confiance lui permettent de convaincre le président général de l’A.S.B., M. Jean Guy, de l’avenir du football et de poursuivre ainsi la tâche déjà entreprise. Aux côtés du comité directeur, il est créé un comité de gestion, mais l’absence d’un mécène ne permet pas la consécration immédiate. Ce n’est qu’en 1949-1950, après un début de championnat fort modeste, que l’A.S.B. réussit, au cours des matches retour, une remontée sensationnelle et se classe 4ᵉ, après avoir attiré à Sauclières la grande foule des sportifs.

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Théo BRETAUD en réunion avec ses collaborateurs
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De 1950-1951 à 1954-1955, les saisons restent modestes, mais la ténacité des dirigeants et le travail accompli portent leurs fruits : la montée en division nationale est manquée de peu en 1955-1956.

LA SAISON DE L'ACCESSION EN DIVISION 1

Enfin, continuant sur sa lancée, l’A.S.B. accède à la première division au cours de la saison 1956-1957, saison mémorable où elle termine deuxième derrière Alès, après une difficile victoire lors du dernier match à Sauclières contre le C.A. Paris, victoire acquise sur un but inoubliable de l’arrière Louis Delhaye. L’AS Béziers reste invaincue du 22 mai 1955 au 18 septembre 1957 à domicile.

L’équipe comprenait alors : Jammes, Emilio Ferlati, Louis Delhaye, Fernand Sieber, Stanis Rodielski, Milan Grobarcik, Zbigniew Misziasek, Aurélio Girardi, Marius Dreyer, Georges Sesia, Robert Keller, Santiago Bessonard, Marius Tagliacossi, Georges Alexandre, Jean Bonato, Sauveur Lucia et Émile Pujol. Elle était entraînée par Pépi Hampal, un international tchèque venu de Strasbourg.

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La fête à Sauclières après la victoire contre le CA Paris
montée en D1
L'AS Béziers accède pour la première fois de son histoire en division 1

l'AS Béziers dans l'élite

La saison 1957-1958 voit affluer à Sauclières la grande foule des sportifs de tout le Biterrois. Certaines rencontres, comme Béziers – Saint-Étienne ou Béziers – Racing, attirent plus de 12 000 spectateurs.

Malheureusement, le championnat débute avec l’équipe de la saison précédente et les renforts de Stojaspal, Garofalo, Unzain et Guilcher ne suffisent pas à tirer d’affaires le club biterrois, qui redescend en deuxième division. Toutefois, l’expérience a démontré que le football de haut niveau a sa place à Béziers, où il peut rassembler la grande foule des passionnés.

Mais le séjour aux côtés des grands ne dure pas : les erreurs de jeunesse et l’absence de capitaux suffisants pour la constitution d’une grande équipe font de la saison 1957-1958 une saison médiocre. Classée 18ᵉ, l’A.S.B. se trouve reléguée à nouveau en division II.

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Victoire 2-0 face au grand Stade de Reims à Sauclières le 04/05/58
Le 22 janvier 1958, lors de la 22ᵉ journée de Division 1, l’AS Béziers affronte Nîmes Olympique dans un derby du Sud au cœur de l’élite du football français.
 
Pour cette saison 1957-1958, Béziers découvre la
Division 1 et se mesure à des clubs plus expérimentés.
Le match est disputé, engagé, mais tourne en faveur des Nîmois.
 
Défaite 0-1 pour l’ASB, qui malgré le revers, continue d’écrire une page forte de son histoire parmi les grands du football français.
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L'après D1

La saison 1958-1959 est encore marquée par l’empreinte de la Nationale et l’équipe domine ses adversaires. Hélas, au cours des matches retour, un sérieux fléchissement entraîne de trop nombreuses défaites qui repoussent l’A.S.B. à la 10ᵉ place du classement final.

Pour 1959-1960, l’assainissement de l’effectif laisse l’A.S.B. sérieusement diminuée, et l’incorporation de jeunes éléments impose à l’entraîneur, M. Aimé Nuic, un travail considérable. Petit à petit, ce travail est récompensé, les résultats s’améliorent et la 12ᵉ place obtenue en fin de saison reste honorable.

La saison 1960-1961 débute sans grands changements. La politique des jeunes, préconisée par le comité directeur, est poursuivie, et de nombreux éléments de la section amateur de l’A.S.B. sont lancés dans le grand bain. Grâce à la volonté de tous, à une tactique de prudence bien menée, mais aussi à la parfaite camaraderie et à l’esprit d’équipe, le classement final à la 5ᵉ place, avec seulement sept défaites, vaut à l’A.S.B. une place au tableau d’honneur et ce, envers et contre tous les pronostics du début de saison.
Il faut alors préparer avec soin la saison suivante, en axant le recrutement sur de jeunes amateurs prometteurs, encadrés par des éléments professionnels de valeur. Cette politique, désormais suivie par l’A.S.B., doit permettre dans un avenir proche, et de manière durable, un retour parmi l’élite du football français.

En 1961-1962, toujours sous la direction de M. Nuic, l’équipe est renforcée par Fioriti, Leandri, Diouf, Cristol, Goudart, ainsi que par plusieurs jeunes du club : Daure, Linares, Canal, Nougaret et Reig. Elle termine au dessus de la zone rouge, mais réalise en parallèle une belle épopée en Coupe de France, atteignant les quarts de finale où elle est éliminée par Saint-Étienne, au terme d’un match particulièrement méritoire.

L’A.S.B., en raison des résultats peu flatteurs de la saison précédente, traverse une crise. Nuic est remplacé par M. Pleimelding, ex-joueur au passé élogieux venu de Toulouse. La saison 1962-1963 est marquée par l’arrivée de Gianella, Vidal, Dupuy et Cassagne. Après un début très difficile, les Biterrois se reprennent et terminent à la 10ᵉ place. À noter qu’Ernesto Gianella finira meilleur buteur de la seconde division cette saison.

En 1963-1964, le comité directeur, toujours présidé par M. Bretaud, poursuit sa politique des jeunes. L’A.S.B. compte alors dans ses rangs Lavagne, Cuxac, Facérias, Daure, Nougaret, Bacquier, Masini, Carayon, Canal et Dupuy, tous issus de clubs de la région biterroise. Mais la jeunesse de ces joueurs ne permet pas encore une maturité suffisante, ce qui se traduit par une dernière place en championnat, malgré une accession brillante aux 16ᵉ de finale de la Coupe de France.

La saison 1964-1965 est très difficile. Avec le retour de Marcel Tomazover et un effectif quasi inchangé, l’A.S.B. réalise de bons résultats à domicile mais termine encore à la dernière place de son championnat.

En 1965-1966, l’installation des Pieds-Noirs à Béziers et dans la région donne un nouvel essor au football biterrois. Avec le retrait du président Bretaud, un président dynamique arrive, M. Charles Castelli, qui redonne au club de nouvelles heures de gloire. L’équipe reprend un visage professionnel avec l’arrivée de Haddi, Bessonard, Gianella, Sékou et des jeunes Louis Bonnel et Bernard Iché. L’A.S.B. réalise une très belle saison, joue les premiers rôles et termine à la 7ᵉ place. La grande foule revient à Sauclières.

En 1966-1967, dans la continuité, le président Castelli recrute des joueurs réputés : Salen, Bordas et Donoyan (venus de Saint-Étienne), Polonia (Lens) et Sparza (Cannes). Avec Donoyan, Polonia, Facérias, Daure, Cuxac, Haddi, Salem, Bordas, Gianella, Bessonard et Sparza, l’A.S. Béziers aligne une équipe de grande valeur qui s’installe d’emblée à la première place et termine championne d’automne, laissant espérer une accession en division nationale.

Cependant, malgré les grandes satisfactions du début de saison, des dissensions entre les joueurs entraînent une série de revers, dont une mémorable défaite contre Toulon à Sauclières. L’équipe, qui semblait pouvoir jouer la montée, ne termine finalement qu’à la 6ᵉ place.

Cette fin de championnat décevante provoque un remaniement du comité directeur, le président Castelli est remplacé par le président Wolff, homme de valeur œuvrant depuis de nombreuses années aux côtés du président Bretaud. Mais l’objectif de l’accession à la division nationale demeure le but à atteindre et continue d’animer les dirigeants de l’A.S. Béziers.

L'AS Béziers en 1966-67

LE RETOUR DU PRÉSIDENT THÉO BRETAUD​

La saison 1967-1968 voit le retour dans l’équipe des dirigeants du président Bretaud, éloigné durant deux saisons pour raison de santé. L’action bénéfique entreprise ne peut que se poursuivre, car désormais l’esprit de corps anime le comité directeur et la saison est sérieusement préparée. On retrouve l’ossature de l’équipe 1966-1967 et, compte tenu de la situation financière du club, le recrutement reste modeste. Le comité directeur n’en demeure pas moins confiant, chacun ayant conscience, tant joueur que dirigeant, que l’A.S. Béziers peut encore faire flotter haut les couleurs rouge et bleu du club.

L'AS Béziers en 1968-69

L’A.S.B. finir modestement dans le milieu du tableau, mais à l’aube de la saison suivante, tous les espoirs restent permis pour que le club biterrois termine parmi les mieux classés.

En 1968-1969, en raison de difficultés financières importantes, l’A.S.B. ne peut conserver sa place dans le football professionnel. L’équipe, toujours entraînée par Stan Golinski, malgré les renforts de Zewulko, Bacquet, Audran, Garni, Scotti et des jeunes Amoros, Palma et Rovira, termine dans la zone de relégation. Pour la première fois de sa longue histoire, l’A.S.B. doit quitter la deuxième division et est reclassée dans le championnat de France amateur.

L'AS BÉZIERS EN CHAMPIONNAT DE FRANCE AMATEUR

En 1969-1970, l’A.S.B. participe au groupe Sud du C.F.A. et, malgré les renforts de Moine, Bait, Moyano, l’éclosion d’un jeune talent, Tony Garceran, et l’entraîneur Maison qui ne ménage pas ses efforts, même comme joueur, le club ne parvient pas à se classer aux places permettant un retour dans l’élite.

Avec la création d’un championnat national s’étalant sur deux saisons, 1970-1971 et 1971-1972, l’A.S.B. ne parvient pas à surmonter la crise. 

L’équipe, entraînée par Maison et Couronne, est renforcée par des joueurs régionaux : 

Trani (Agde), Casolari (Marseille), Saez, Vigroux et Jean Fernandez (Béziers), Lirourel (Montpellier), Lappart H. (Adissan), et plus tard, en 1971, par Albert (Mazamet), Appaix (Rodez), ainsi qu’Azum et Bauwen (Saint-Gaudens).

L'AS Béziers en 1970-71

En 1972-1973, l’A.S.B. participe au championnat de 3ᵉ division, groupe Sud. Sous l’autorité, d’abord de Couronne, puis de M. Alphonse Martinez, l’équipe, renforcée par Plinio et Casolari (Sète) et grâce à l’éclosion de jeunes joueurs tels que Georges Martinez, Henri Wolff, Jean-Pierre Ourliac, Obradors, Bautès, Ortega, ainsi qu’une saison remarquable de Maison comme joueur, prend la première place dès le départ et décroche magnifiquement sa remontée en deuxième division.

Il faut également souligner que les efforts du président Wolff et des dévoués dirigeants Marin, Faro, Larmande, Haas, Guigues, Ill, Valette et Galinier, qui ont surmonté de graves difficultés financières avec un dévouement et une énergie inlassables, sont confortés par l’intérêt croissant que porte au club celui qui deviendra bientôt le président Jullien.

L'AS Béziers en 1972-73

L'AS Béziers de retour en deuxième division

Ce renouveau se poursuit au cours de la saison 1973-1974. Malgré des renforts importants en début de saison, avec le retour d’Iché et Garcia, et l’arrivée de Glizinski (Red Star) et de l’international Mélic (Sochaux), l’A.S.B., qui joue pourtant un bon football, se retrouve à la dernière place avec 10 points à la fin des matches aller.

Les dirigeants Larmande et Faro, craignant que tous les efforts méritoires des dernières années n’aient été prodigués en vain et qu’une nouvelle descente en division inférieure ne provoque la fin du football à Béziers, pensent alors à un sportif prestigieux, issu de la région biterroise : l’international Jo Bonnel. Grâce à leur ténacité, et malgré des difficultés d’abord jugées insurmontables, ils réussissent à convaincre « Monsieur Jo », qui accepte de prendre en main le vieux club biterrois.

L’arrivée de Bonnel permet à l’A.S.B., après un match mémorable contre le Paris-Saint-Germain, de conserver sa place en deuxième division. Lorsqu’on pense que 21 points ont été nécessaires lors des matches retour pour obtenir ce résultat, on mesure combien ont été remarquables les efforts de la « Bande à Bonnel ».

La saison 1974-1975 bat son plein. Bonnel, secondé par un autre enfant du pays, Léonce Lavagne, poursuit inlassablement son travail pour ramener l’A.S.B. dans l’élite nationale. Mais à présent, le club bleu et rouge peut envisager l’avenir avec confiance, car il a à sa tête un homme décidé, de la trempe des grands présidents, M. Gérard Jullien. Nul doute que, admirablement entourée de dirigeants rodés par l’expérience des années les plus difficiles du vieux club biterrois, la nouvelle équipe ne tardera pas à voir tous ses magnifiques efforts couronnés par une consécration définitive.

Les saisons 1975-1976 et 1976-1977 sont assez bonnes, sans toutefois apporter les satisfactions que l’on aurait pu attendre des efforts faits par le président Jullien et son comité. L’A.S. Béziers termine respectivement aux 9ᵉ et 8ᵉ places avec 39 et 37 points. Des renforts sérieux avaient pourtant été notés, avec l’arrivée de Maya, Bourdon, Palma, Ahache, Buffat, Donnat, Komano, Sannier et Geurten.

C’est en Coupe de France que les Biterrois se distinguent à nouveau, en participant, après des éliminations contre Ajaccio (32ᵉ) et Thonon (16ᵉ), aux huitièmes contre Angers, le leader de leur groupe en championnat. Les Biterrois perdent leurs deux matchs : 4-1 à Sauclières et 2-0 à Angers. Cette élimination est suivie de plusieurs contre-performances en championnat.

En juillet 1977, Bonnel et une dizaine de joueurs quittent l’A.S. Béziers. Sous la direction du président Torre, qui a pris le club à la suite de Jullien, Melic devient entraîneur. 

On note l’arrivée de :
Travolti (Mulhouse), Borgoni (Toulouse), Prost (Monaco), Pelletier (Paris F.C.), Rocton (INF Vichy), André (Paris Saint-Germain), Galvez (Toulon).

C’est lors de la saison 1978-1979 que le redressement s’opère, avec l’arrivée de Tokoto (Bordeaux), Kern (Rouen) et l’éclosion de jeunes talents tels qu’Antoine Martinez et Daniel Rey. Les Biterrois finissent à la 3ᵉ place avec 43 points, loupant de peu les barrages.

AS Béziers 1973-74
AS Béziers 1976-77
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L'AS Béziers en 1980-81

Pour la saison 1980-1981, le président Torre décide un grand chambardement et fait confiance à des jeunes joueurs issus du club (Martinez, Rey, Laguerre, Moine, Parodi, Couronne, Sannier, Cabanel, etc.) ou venus de la région (Tur de la Paillade, Grassi de Marseille). Avec quelques anciens tels que Borgoni, Maya, Knayer, Edwige (venu de Montpellier) et Frey (venu de Thonon), l’A.S. Béziers réalise un parcours surprenant en championnat, se trouvant à six rencontres de la fin à la seconde place, avec Toulouse derrière Montpellier La Paillade.

Quel que soit le classement final de l’A.S.B. en championnat, il est certain que le club biterrois vit une saison particulièrement brillante, annonciatrice d’un grand renouveau pour les années à venir.

LE DÉCLIN DE L'AS BÉZIERS

Dès le milieu de la décennie, les dirigeants multiplient les appels à la mobilisation pour préserver l’avenir du club, comme en témoigne la saison 1986-1987 où, malgré les bons résultats des équipes amateurs et de jeunes, la section senior reste fragilisée par un manque d’équilibre budgétaire. La fin des années 1980 accentue cette instabilité,  reléguée en quatrième division, l’A.S.B. tente de se reconstruire sous la présidence de Camille Passi, ancien joueur du club. Si l’ambition de remontée est affichée, les résultats ne suivent pas, les tensions internes se multiplient et les choix sportifs peinent à produire l’électrochoc attendu.

Le président Camille Passi avec son entraîneur Éric Firoud en 1988-89
Une nouvelle saison de capitanat débute pour Dany Rey

LA DISPARITION DE L'AS BÉZIERS FOOTBALL

Malgré la reprise du club par l’ancien joueur biterrois Camille Passi durant une saison et demie, en 1990, c’est le coup de grâce. L’A.S.B. Béziers Football est liquidée. Une tentative de renaissance s’esquisse avec le F.C. Devèze, issu du quartier populaire, mais ce club ne dépasse jamais la quatrième division nationale. D’autres formations, comme l’A.S. Saint-Chinian ou le Béziers Méditerranée Football tentent de maintenir la flamme, sans grand succès. Sur le papier, l’équipe était très bien renforcée avec de grands joueurs, mais les résultats n’ont pas suivi.

Le stade de Sauclières, jadis théâtre des exploits biterrois, devient dans les années 1990 un lieu mélancolique, vestige silencieux d’une gloire passée. Les travées désertées racontent à elles seules le destin brisé du football dans la ville.

FC Devèze 01/09/1990
Sauclières-1

Le renouveau pour l'AS Béziers version 2007

Il faut attendre 2007 pour voir renaître un véritable projet footballistique ambitieux. Trois clubs locaux fusionnent : l’Avenir Sportif Saint-Chinian, le Football Club Béziers Méditerranée et le Béziers-Méditerranée Football Cheminots, afin de créer l’Avenir Sportif Béziers (ASB).

L’idée de fusionner plusieurs clubs biterrois pour retrouver une équipe digne des championnats nationaux apparaît dès 2006, mais c’est en 2007 que l’Avenir Sportif Béziers voit réellement le jour. Le club évolue alors en CFA 2, la division dans laquelle jouait l’Avenir Sportif Saint-Chinian, l’un des trois clubs fondateurs. Ce nouveau club est présidé par l’ancien président de Saint-Chinian, Gérard ROCQUET.

Pour la première saison de l’AS Béziers Football version ROCQUET, le club évolue alors en CFA 2, mais échappe pas à la relégation en Division d’Honneur à la fin de la saison.

À l’issue de la saison suivante de 2008-09, l’ASB remonte directement en CFA 2, puis réalise l’exploit de finir premier de son groupe et connaît une nouvelle promotion seulement deux ans après sa descente en élite régionale, remportant au passage le titre de champion de France de CFA 2.

Pour sa première saison en CFA, l’AS Béziers connaît des hauts et des bas et finit dans la zone de relégation, avant d’être repêchée à la suite des rétrogradations administratives de nombreux clubs. 

Après trois nouvelles saisons où le club se maintient dans le ventre mou du classement de CFA, la saison 2014-2015 est historique pour Xavier Collin et ses hommes. En effet, le 23 mai 2015, le club biterrois est promu en National pour la première fois de son histoire.

C’est donc à l’issue d’une saison exceptionnelle, même si le titre de CFA échappe au club au profit du CS Sedan Ardennes, que Xavier Collin, auréolé du titre de meilleur entraîneur de CFA, prépare la première saison du club au troisième niveau du football français, renouant avec ses illustres prédécesseurs biterrois qui avaient amené l’AS Béziers en deuxième division dans les années 1980.

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Lors de la saison suivante, en 2015-2016, l’AS Béziers (version 2007) réalise son meilleur parcours en Coupe de France. Le club débute au 5e tour face à Marvejols Sports (DHR) et atteint le 8e tour, où il s’incline face à l’EFC Fréjus Saint-Raphaël (National) sur le score de 0-1.

À noter la belle victoire au 7e tour face au voisin du FC Sète (CFA), également sur le score de 0-1.

LE RETOUR DANS LE MONDE PROFESSIONNEL POUR L'AS BÉZIERS

Après trois saisons à lutter pour le maintien en National, le club biterrois, sous l’égide de Mathieu Chabert, décroche, lors de l’ultime journée de la saison 2017-2018, sa place dans le monde professionnel français en terminant à la deuxième place du championnat.

Grâce à un large succès 4-1 à Sauclières face aux Herbiers et au faux pas de leur concurrent direct, le Grenoble Foot 38, pourtant à domicile face au relégable Entente Sannois Saint-Gratien, Béziers obtient les trois points et la 2ᵉ place, lui permettant de monter en Ligue 2.

Trente ans après la disparition du club historique, Béziers retrouve le football professionnel. Cette renaissance est célébrée par un match d’anthologie contre Valenciennes (victoire 6-5), un record de buts en Ligue 2 depuis 1993.

L’équipe face à Valenciennes (5-6) / VAFC - ASB / 19/04/2019

L’équipe évolue désormais au Stade de la Méditerranée, conformément aux exigences de la LFP, même si le stade de Sauclières reste profondément ancré dans la mémoire collective. Toutefois, l’euphorie est de courte durée. Relégué dès 2019 en National 1, le club connaît ensuite une nouvelle descente et est rétrogradé en National 2 à l’issue d’une saison écourtée prématurément en raison de la pandémie de Covid-19. À l’arrêt des championnats, le club occupait une place dans la zone de relégation.

Toutefois, l’ASB a vu passer dans ses rangs des joueurs confirmés, à l’état d’esprit irréprochable, comme le gardien Magno Novaes, artisan essentiel de la montée en Ligue 2, Mehdi Mostefa, resté fidèle cinq saisons malgré les descentes successives, et l’éclosion de certains joueurs qui évolueront ensuite en Ligue 2 ou Ligue 1, comme Kévin Fortuné (Lens), Ibrahim Sissoko (Saint-Étienne), Steeve Beusnard (Pau), ainsi que des joueurs locaux à l’image de Robin Taillan, preuve d’un excellent travail de recrutement et de formation.

Les Biterrois, qui évoluent en National 2 (quatrième division) en 2021-2022, apprennent leur relégation administrative en National 3 (cinquième division) à la suite de problèmes financiers, malgré une encourageante sixième place.

Pour la saison 2022-2023, les Biterrois réalisent une excellente saison, finissant premiers du classement, ce qui aurait dû signifier la montée en National 2, mais sont refusés de montée par la DNCG. Ils seront finalement rétrogradés en Régional 1 pour la saison 2023-2024.

Aujourd'hui, en 2024

Régional 1 - GC Lunel - AS Béziers / 06-09-2025

Depuis 2024, l’AS Béziers évolue en Régional 1, loin des projecteurs nationaux.

Le club mise désormais sur la formation locale, cherchant à valoriser les talents du terroir biterrois. Pour preuve, la présence régulière en championnat national des équipes U17 et U19, avec notamment une demi-finale en championnat national U17 lors de la saison 2024-2025.

Au total, Béziers peut s’enorgueillir d’un palmarès modeste mais réel : une saison en Division 1, quarante en Division 2, un titre de vice-champion de D2 (1957), un quart de finale de Coupe de France (1962) et un titre de champion de CFA 2 (2010).

Dans cette ville où le rugby a longtemps régné en maître, le football a su tracer son sillon, fait de moments glorieux et de désillusions. Aujourd’hui, même si l’ASB évolue loin des sommets, l’histoire n’est pas terminée. Comme le vieux stade Sauclières qui résiste au temps, le football biterrois conserve dans ses veines un ADN de caractère, de résilience et d’espoir. C’est l’histoire d’une passion qui, à l’image de cette terre languedocienne, ne se résigne jamais. Tous les espoirs restent donc permis !

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